28 Août 2011

Serein comme Chardin

Category: Presse,saison 2010-2011Charlène - 28/08/2011 13h47

Championnats du monde – à partir de dimanche en Slovénie

Sacré champion du monde avec le quatre de pointe l’an dernier, le rameur verdunois rêve de faire bégayer l’histoire. Mais sans se mettre de pression.

A quelques jours d’un rendez-vous capital, la pression se lit parfois sur les visages… Mais inutile de la chercher sur celui de Germain Chardin. Alors que l’équipe de France va abattre une carte majeure à partir de dimanche, à Bled en Slovénie, où elle tentera de décrocher ses quotas olympiques pour l’an prochain, le rameur verdunois était d’un calme… olympien, hier en début d’après-midi, sur le site magnifique de la base nautique de Bellecin (Jura), choisi par le staff tricolore pour préparer le rendez-vous mondial.

De l’attente et des espoirs, le quatre de pointe dont il fait partie en concentre pourtant beaucoup, après son titre mondial conquis l’an dernier en Nouvelle-Zélande. Mais assis à une table du centre sportif jurassien, le Lorrain balaie d’un sourire toute pression excessive. “Vous dites qu’on est la meilleure chance de médaille tricolore ? Moi, je pense que tout le monde a sa chance”, glisse-t-il. “Il suffit d’y croire et de se donner à fond, mais c’est important de ne pas se prendre la tête. On a beaucoup travaillé ces dernières semaines et on a envie de bien faire, mais on n’y va pas en se disant qu’on est des extraterrestres. On sait qu’aux championnats du monde, tout peut arriver. Regardez l’année dernière, on n’avait pas eu de super résultats en arrivant aux Mondiaux, mais on s’était pourtant imposés…”

Un souvenir que le quatre de pointe exhumera comme l’année dernière, il abordera ces Mondiaux sans avoir emmagasiné une énorme confiance, après avoir terminé 5e et 8e aux régates de coupe du monde de Munich et Lucerne. Pas folichon.

Mais si le bateau n’a été constitué qu’il y a deux ans, les compères du quatre (Chardin, Desprès, Macquet et Mortelette) se connaissent tellement bien qu’ils savent gérer ces hauts et ces bas qui jalonnent une saison. “On se côtoie depuis 1999 et 2001, j’habite tout de deux de mes coéquipiers… Avant d’être des rameurs, on est des potes. On n’a pas de prises de becs hormis, peut-être, quand on est très fatigué, et on sait qu’on aura tous le même investissement à l’entraînement.”

Et de l’investissement, il en faudra pour réussir ces Mondiaux de Bled, si importants. Avec onze embarcations qualifiées pour les Jeux, le ticket olympiquedevrait être, sauf cataclysme, dans la poche. Mais à un peu moins d’un an d’un rendez-vous de Londres qui est déjà dans toutes les têtes, le quatre de pointe aura à cœur de briller sur le bassin slovène.

Même si d’expérience, Germain Chardin sait que l’écart sera sans doute minime entre les bonnes places et… les autres. “Les séries débutent dimanche et avec les résultats qu’on a eus cette saison, on nesera pas tête de série”, précise le rameur verdunois. “On aura donc de gros équipages face à nous. A chaque fois ou presque, on tombe sur les Anglais. Si on les rencontre, il faudra donc prendre le meilleur sur eux, sinon on ira en repêchage, car il n’y a qu’un qualifié par série. Mais on est souvent passé par les repêchages et ça n’empêche rien. Après, on remet les compteurs à zéro.”

A Karapiro, l’année dernière, cela avait souri à Germain Chardin et au quatre de pointe. Bis repetita en Slovénie ? Réponse dans quelques jours. La finale est programmée le dimanche 4 septembre. Mais, vous l’aurez compris, Chardin ne s’en fait pas… un monde.

Article d’Anthony Guille paru dans L’Est Républicain du mercredi 24 août 2011.

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