11 Juin 2009

Une symphonie en huit majeur

Category: saison 2008-2009Charlène - 11/06/2009 21h04

Chaque année, la même alchimie… Sacré champion de France pour la neuvième fois de suite en huit avec barreur, le CN Verdun fait dans le jamais vu. Jusqu’où ira-t-il ?

        


           Ils n’avaient que lui dans le viseur… Lyon, Annecy, Bordeaux : les plus grosses flottes de l’Hexagone, dans la catégoriereine des huit de pointe, avaient rallié le lac d’Aiguebelette, théâtre de ces championnats de France ce week-end, dans un seul et unique but : couler enfin le huit du CN Verdun, insubmersible depuis 2001 et détenteur des huit dernières couronnes nationales. En ce dimanche gris et venteux sur le plan d’eau savoyard, tous ont une nouvelle fois dû se résigner : ce bateau-là est bien une affaire meusienne. Point barre.

          Logiquement archi-favoris et traqués par la concurrence, les hommes de Philippe Cabut et Yannick Schulte auront donc résisté à la pression, pour permettre au CNV d’écrire une nouvelle page de son histoire. Une page en lettres d’or, paraphée par une fine équipe : Emmanuel Bunoz, l’inamovible barreur qui fut de tous les titres, Benjamin Rondeau et Jean-Paul Vergnes, eux aussi de l’aventure depuis le début, Laurent Cadot, Germain Chardin, Johnatan Mathis, trois piliers de l’équipe de France A, ainsi que Jordan Lequy, Matthieu Moinaux et Pierre Guerin, la jeunesse montante. Autant d’individualités au service du collectif. "On s"appuie sur des rameurs de grande valeur et dotés de capacités d’adaptation, et sur un barreur qui sait sublimer cette synergie", savoure Yannick Schulte en faisant référence à Emmanuel Bunoz, finaliste aux JO de Barcelone en 1992, et chef d’orchestre hors pair d’une troupe qui n’a pourtant guère l’occasion d’être au complet.

          Car même si l’ossature de la coque verdunoise reste stable d’une année sur l’autre -seuls Guerin et Moinaux n’étaient pas là l’an dernier-, faire prendre la mayonnaise le jour J est loin d’être une évidence. "La difficulté de ce challenge, outre le fait que l’on soit le bateau à battre pour tout le monde, c’est que nous ne nous entraînons quasiment jamais ensemble, puisqu’on a des lieux de résidence différents", note Germain Chardin, membre au pôle France de Nancy et qui aura simplement manqué la fête en 2002. "Seulement, on est tous animé d’une volonté commune : conserver la suprématie en huit." Ce huit, bateau-roi s’il en est, et meilleur symbole de la puissance d’un club…
          "C’est une embarcation prestigieuse, chacun veut y briller ; cette année, c’est Bordeaux et Annecy qui avaient mis le paquet pour nous battre", souligne Yannick Schulte. "Devancer Verdun en huit aux championnats de France est devenu LE défi pour tout le monde."
          Défi qui sera à relever dans un an, encore et toujours. Avis aux téméraires…

Article paru dans L’Est Républicain du Mercredi 10 juin 2009

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