04 Août 2008

Portrait Benjamin RONDEAU

Category: saison 2007-2008admin - 04/08/2008 19h38

“La flamme et les copains d’abord” : C’était sa priorité, c’est devenu réalité: Benjamin Rondeau va vivre ses premiers jeux olympiques. Le résultat d’un investissement total pour le rameur verdunois, et d’une amitié sans faille avec ses coéquipiers du quatre sans barreur. Maintenant, objectif médaille. D’or, si possible. « Jouable ».

Le compte à rebours olympique est donc plus que jamais lancé pour Benjamin Rondeau. Le rameur du CN Verdun, qui avait la Chine en tête depuis belle lurette, attend désormais le stage terminal. L’occasion de faire un petit point, dans les locaux du pôle France de Nancy.

FORME « Là, je me sens au top de ma forme, car cette année, j’ai augmenté la dose d’entraînement en hiver.  Et ça paye.  Mes tests physiques, sur ergomètre et en muscu, n’ont jamais été aussi bons, et sur le bateau, j’ai progressé.  J’ai travaillé notamment l’amplitude de mon geste,  point qui me posait souci jusqu’alors. »  

RESULTATS. "Quand j’étais plus jeune, j’ai fait quelques années de rugby,  mais aussi de la musique.  Je jouais de la trompette au sein de l’harmonie municipale de Thierville, et j’ai même pensé faire le conservatoire.  Finalement, j’ai opté pour l’aviron et je ne regrette pas vu les résultats. Mais c’est le genre de sport où, justement,  il faut que ça paye au très haut niveau, sinon tu as des regrets.  Si ça n’avait pas marché, je me serais dit que j’aurais pu continuer le rugby, ou faire carrière dans la musique. »

POTES. "Notre bateau,  c’est un bateau de potes, on s’entend tous vraiment très bien, on se connaît depuis des années. Et pour moi,  une telle relation, c’est indispensable pour être performant.  Certains entraîneurs diront le contraire; qu’on peut bien ramer simplement entre "collègues", mais ce n’est pas ma vision des choses. Entre nous quatre, c’est une relation forte,  nos personnalités sont différentes mais complémentaires.  C’est aussi grâce à ça qu’on fait avancer la coque. »

OBJECTIF. "Aller aux Jeux, c’était le but, c’est pour ça que je bosse depuis des mois; alors même si ma sélection était plus ou moins sûre, l’annonce officielle a été un petit soulagement.  Désormais, on pense au titre, et sincèrement je pense que c’est jouable.  Dans notre catégorie, en quatre sans barreur, il y a six ou sept nations à pouvoir prétendre à la victoire.  C’est très dense, ça va vraiment être une grosse course, mais j’y crois.  On s’entraîne depuis longtemps avec une seule idée en tête : décrocher le titre olympique. »

COACHES. "Outre les entraîneurs du pôle, j’ai beaucoup appris aux côtés de Philippe Cabut et Yannick Schulte, mes coaches à Verdun.  Philippe par exemple, il sait parfaitement détecter les forts potentiels, il a ça dans le sang. Il a tout de suite vu que je pourrais faire quelque chose de bien,  idem pour Laurent Cadot.  111’a observé ramer, il a immédiatement dit qu’il pouvait aller loin. »

PROJETS. "Après Pékin,  je continue au moins pour tenter les JO de Londres.  En aviron, on peut évoluer au niveau international jusqu’à la quarantaine, sans problème. D’ailleurs, à Pékin,  un rameur australien aura 42 ans… »

EQUILIBRE. « Les jeux et l’aviron en général, ça t’accapare vraiment, entre les stages et les compétitions,  mais il n’y a pas que ça dans la vie.  On n’est pas pros, contrairement aux Australiens par exemple. D’ailleurs, en septembre,  je commence mon nouveau job de maître-nageur à la piscine du Lido, à Tomblaine. Et en octobre,  je me marie avec Catherine,  ma copine. Au passage, l’entourage pour un sportif de haut niveau, c’est capital,  ça t’aide à trouver ton équilibre.  Nos femmes, nos familles,  ont d’ailleurs beaucoup de mérite, car on est souvent partis. »

VALISE. "Mis à part mon ordinateur avec webcam et le logiciel Skype,  pour rester en contact plus facilement avec les proches,  je ne vais rien emporter de particulier. Sauf une petite souris, une peluche que ma copine m’a donnée il y a quelques années,  et que je mets systématiquement dans mon sac…  Je ne sais pas si je vais ramener grand-chose de Pékin,  car à la base je ne suis pas très attiré par les pays asiatiques,  mais c’est sûr que si j’en ai l’occasion, j’irai visiter la ville quand même. »

EN MER. « Après les JO,  je devrais faire un peu de surf-boat, une discipline qui vient des sauveteurs en mer.  J’en ai déjà fait en Australie notamment. C’est très physique en raison des vagues,  mais vraiment fun! »

Propos recueillis par Stéphanie CHEFFER
pour Est Républicain du mardi 22 juillet 2008

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